

L'automne au fil des mois ...La fraîcheur de l'automne incite au recueillement. Après la période joyeuse des récoltes, il faudra affronter la rudesse de l'hiver et l'enfermement d'une vie devenue sédentaire et beaucoup moins active.
Psychologiquement,
nous nous préparons à regarder en face la part la plus
obscure de
nous-mêmes, la face cachée de notre personnalité,
celle qui émerge
lorsque nous nous retrouvons face à nous-mêmes. Et ce
travail nous
permet de mieux accepter la part d'ombre présente en chacun de
nos
semblables. Après l'apogée de l'énergie Yang
dans notre corps, l'envie nous vient de limiter nos activités,
de nous
coucher plus tôt. On sent dans l'atmosphère une ambiance
nostalgique,
les clameurs de l'été se sont tues. L'humeur se tourne
doucement à la
mélancolie.

L'automne
de la vie ... L'image de l'automne évoque le commencement de la vieillesse. De fait, à « l'automne de notre vie », notre peau commence à se flétrir, à se rider. On entame le bilan de sa vie, on essaie de privilégier l'essentiel dans ce temps réduit qui nous reste à vivre, de façon claire, mesurée, prudente et sage. On commence aussi à sentir l'énergie et les facultés qui se ralentissent.
On est plus enclin à l'intériorisation. On cherche à tirer les leçons des bonnes comme des mauvaises expériences. La vie nous semble alors si courte que nous sommes parfois plongés dans une certaine tristesse, une forme de découragement dont ne peut nous tirer qu'une ouverture vers une dimension spirituelle qui fait reculer les limites physiques de notre existence.

Les
émotions du PoumonL'émotion liée au Poumon est la tristesse. Les textes traditionnels affirment que l'excès de tristesse nuit au Poumon. Inversement, lorsque l'énergie du Poumon est faible, le sujet est triste. La tristesse de l'automne n'est pas celle du désespoir, mais du désenchantement. On imagine que le plus beau, le meilleur est derrière nous et que rien ne permet de se réjouir d'un éventuel futur. Au-delà de la tristesse, c'est le pessimisme qui colore l'état d'esprit lié au Poumon.
A l'égal de la fraîcheur de l'automne, le Poumon induit aussi un caractère froid et taciturne. A l'égal de l'automne qui rétracte et dessèche, le Poumon incite au repli sur soi, à la prudence, à la circonspection.
Lorsque l'énergie du Poumon est équilibrée, les sujets développent un grand sens de l'équité, de l'objectivité, de la sérénité.

L'âme
végétative
du PoumonLe Pô est considéré comme l'âme végétative du Poumon. Ce Pô est la part cachée de nous-mêmes, il assure notre survie à notre insu et notre autonomie en tant que personne physique. Il correspond à « l'instinct de conservation » : une pulsion de vie, une formidable intelligence qui nous dit ce qui est bon pour nous, et ce qui ne l'est pas. C'est grâce à lui que nous continuons, toute notre vie durant, à respirer et à nous alimenter.
Le Pô et les sentiments : le Pô régule le mécanisme d'attraction et d'aversion. Une autre façon, plus psychique, de garder ce qui est bon pour soi et de rejeter ce qui ne l'est pas. La médecine chinoise nous invite à prendre conscience de ce mécanisme intime qui sans arrêt délivre son commentaire intérieur sur tout ce que nous vivons, tout ce que nous côtoyons : « cela me plaît ou me déplaît » ; « j'aime, je n'aime pas »…
Le Pô et l'égoïsme : lorsque le Pô, sous le contrôle excessif du Poumon outrepasse ses fonctions sur un plan psychologique, l' égoïsme, voire l'égocentrisme prennent le dessus. C'est le propre d'un Pô déséquilibré par un vide d'énergie du Poumon : la personne finit par se murer dans sa rigidité, victime de son égocentrisme, de son avarice. Parfois, cependant, cet état de vide énergétique peut aussi se manifester par des comportements inverses : la personne manque de centrage, de structure, elle est insouciante, inconsistante et influençable.
Quelques pathologies par excès et vide du Poumon et du Gros intestin, son viscère associé :
Energie du Poumon en excès :
infections respiratoires
Energie du Poumon en vide :
essoufflement
Energie du Gros Intestin en excès :
spasmes du côlon
Energie du Gros Intestin en vide :
constipation sans envie
Bien
vivre
en
automne
...Afin de favoriser la récolte, de veiller à conserver son énergie vitale et d'économiser les fluides organiques qui nourrissent le Yin, on mènera une vie sereine : on se lèvera et on se couchera tôt, on se couvrira en fonction des changements de climat et de température en faisant particulièrement attention au haut des épaules et à la colonne vertébrale (c'est par là que la sécheresse attaque en premier).
La couleur de l'automne : la couleur blanche est attribuée au Poumon. Chez les Chinois, le blanc symbolise le deuil. Le blanc représente la mise en réserve et l'intériorisation des énergies.
L'odeur de l'automne : on associe au Poumon une odeur de poisson, de viande crue, de volaille faisandée ou de sang. Fétide et agressive, elle peut provoquer une réaction de défense.
La saveur de l'automne : la saveur piquante qui correspond à l'ail, à l'oignon, à l'échalote, au radis noir, au poireau cru, mais aussi aux sushis ou sashimis de poissons crus et à la viande hachée crue. Elle renforce et soutient l'énergie du Poumon et du Gros Intestin, humidifie les Poumons trop secs, chasse le froid, le vent, et leurs manifestations pulmonaires, soulage certains troubles de l'estomac et favorise la circulation de l'énergie du sang.

Bien
vivre
grâce à l'acupuncture ... L'acupuncture est efficace pour traiter de nombreux problèmes liés à l'automne et au « système » Poumon : voir les pathologies liées au Poumon et au Gros Intestin.
A titre préventif, une séance d'acupuncture au changement de saison s'avère bénéfique pour relancer les énergies de l'organisme.

Les
aliments de l'automneLégumes :
Fruits : on diminuera la quantité de fruits pour échapper aux problèmes liés à l'humidité, on évitera les fruits crus et on préférera les compotes et les fruits secs : amandes, pruneaux, noix, pistaches.
pêche blanche sans excès pour ne pas irriter le côlon.
Céréales : l'avoine qui nourrit le Yin du Poumon, mais aussi le millet et l'orge.
Viandes :
la viande de poule qui tonifie à la fois les Poumons et les Reins
Poissons :
les seiches, les coquilles Saint-Jacques, les crevettes, les gambas.
Condiments :
l'oignon au piquant prononcé et subtil qui évolue vers la saveur du « doux nourricier ».
Boissons :
Cuisson : bouillie, mais aussi en sauce, rôtie, en gratin, purée et beignet.
Assaisonnement : on n'hésitera pas à rajouter du sel, du vinaigre et de l'huile.
